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Pathologie · coude

Une épicondylite guérit, le renforcement aide à reprendre plus tôt

Une douleur sur la face externe du coude, à la poignée de main comme à la raquette. Le repos soulage mais ne fait pas guérir plus vite ; le renforcement aide à reprendre plus tôt.

Ce sujet a sa page complète sur le site : Épicondylite à Biarritz

Lucas Bengoechea

Ostéopathe du sport

17 juil. 2026
5 min de lecture

Un tendon qui manque de capacité

L’épicondylite, ou tennis elbow, est une tendinopathie des muscles extenseurs du poignet, à leur insertion sur la face externe du coude. On la rencontre au tennis, au padel et à la pelote, mais aussi dans les métiers manuels et le travail sur clavier.

Comme pour les autres tendons, le mécanisme est un décalage entre la charge demandée et la capacité du tissu. Le suffixe -ite trompe : les études décrivent surtout un tendon en remaniement, avec peu d’inflammation1. Le traitement cherche donc à reconstruire sa capacité.

Le pronostic est bon. À un an, la plupart des personnes vont mieux, qu’elles aient suivi une kinésithérapie ou simplement attendu2. Il faut de la patience : au cabinet, on compte souvent trois à six mois, et les récidives que l’on voit suivent en général une reprise trop rapide.

Les signes les plus typiques :

  • Une douleur externe du coude à la poignée de main ou en tenant une tasse.
  • Elle augmente en extension du poignet contre résistance.
  • Un point douloureux précis sur l’épicondyle latéral.
  • Une perte de force de préhension, souvent nette au dynamomètre.

Confirmer le diagnostic, écarter les autres causes

Le diagnostic est clinique. L’enjeu est surtout d’éliminer une origine cervicale ou une atteinte nerveuse.

L’histoire des gestes. Sport de raquette, pelote, bricolage, travail répétitif, changement récent de matériel ou de charge.

L’examen du coude. Palpation de l’épicondyle, tests d’extension résistée du poignet et du majeur.

Le contrôle cervical et nerveux. Rachis cervical, trajet du nerf radial : deux causes de douleur externe du coude à ne pas manquer.

La force de préhension. Mesure au dynamomètre, comparée au côté sain. Elle sert de référence pour suivre les progrès.

Charger le tendon, progressivement

Le renforcement progressif des extenseurs du poignet aide surtout les premières semaines : dans l’essai de Bisset, la kinésithérapie faisait mieux que l’attente à six semaines, puis les deux groupes se rejoignaient à un an2. Une méta-analyse de trente essais retrouve un bénéfice de l’exercice face aux traitements passifs, avec un effet modeste3. Les gestes passifs soulagent, sans suffire seuls.

Phase 1 (une à trois semaines) : calmer. Adaptation temporaire des gestes provoquants, isométries d’extension du poignet, éventuellement un bracelet épicondylien pour les tâches obligatoires.

Phase 2 (trois à douze semaines) : renforcer. Renforcement excentrique et lourd-lent des extenseurs, puis de la chaîne épaule-omoplate quand l’examen y trouve un déficit. Trois séances par semaine, puis un entretien au-delà.

Phase 3 (dès huit semaines) : retour aux gestes. Reprise progressive du sport ou du travail manuel, avec vérification du matériel : taille de manche, tension de cordage, poste de travail.

Quand la douleur résiste au-delà de six mois de renforcement bien conduit, d’autres options se discutent : la mésothérapie, le dry needling ou les infiltrations.

Sur quoi repose cette prise en charge

L’essai de Bisset (BMJ, 2006). 198 personnes ont été réparties entre kinésithérapie (mobilisations et exercices), infiltration de corticoïdes et attente. L’infiltration soulageait le plus à six semaines, mais 47 des 65 améliorations obtenues ont ensuite rechuté. À un an, kinésithérapie et attente donnaient des résultats comparables, avec une majorité de réussites dans les deux groupes2.

L’essai de Coombes (JAMA, 2013). Comparée à une injection placebo, l’infiltration de corticoïdes donnait moins de guérisons ou de nettes améliorations à un an (83 % contre 96 %) et beaucoup plus de récidives (54 % contre 12 %)4.

La méta-analyse de Karanasios (Br J Sports Med, 2021). Sur trente essais et 2 123 personnes, l’exercice fait mieux que les traitements passifs, et mieux que l’infiltration sur presque tous les critères au-delà du court terme. L’effet reste modeste et le niveau de preuve faible3.

Quand consulter sans attendre

Ces signes évoquent une autre origine que le tendon.

  • Des fourmillements ou une perte de force dans la main.
  • Une douleur qui descend du cou vers le bras.
  • Un coude gonflé, chaud et rouge, ou de la fièvre.
  • Une douleur apparue brutalement après un traumatisme.
  • Un blocage du coude ou une perte d’extension.

Un coude qui gêne à chaque geste ?

Bilan et programme de renforcement au cabinet Mugitu, 3 avenue Kléber à Biarritz.

Questions fréquentes

Combien de temps ça dure ?

Souvent quelques mois. Dans l’essai de Coombes, sans infiltration de corticoïdes, la grande majorité des personnes allait nettement mieux à six mois, et presque toutes à un an4. Les formes anciennes peuvent demander davantage.

Faut-il arrêter le sport ou le travail ?

On adapte : on réduit les gestes les plus provoquants et on continue à charger le tendon en séance.

Le bracelet épicondylien est-il utile ?

Il peut soulager certains gestes obligatoires à court terme. On s’en sert comme d’une béquille temporaire, le temps que le renforcement agisse.

Et l’infiltration ?

Elle soulage vite mais expose à plus de récidives à un an2,4. Elle se discute au cas par cas, jamais comme première réponse.

Sources

  1. Cook JL, Purdam CR. Is tendon pathology a continuum? A pathology model to explain the clinical presentation of load-induced tendinopathy. Br J Sports Med. 2009. doi:10.1136/bjsm.2008.051193 (PMID 18812414)
  2. Bisset L, Beller E, Jull G, et al. Mobilisation with movement and exercise, corticosteroid injection, or wait and see for tennis elbow: randomised trial. BMJ. 2006. doi:10.1136/bmj.38961.584653.AE (PMID 17012266)
  3. Karanasios S, Korakakis V, Whiteley R, et al. Exercise interventions in lateral elbow tendinopathy have better outcomes than passive interventions, but the effects are small: a systematic review and meta-analysis of 2123 subjects in 30 trials. Br J Sports Med. 2021. doi:10.1136/bjsports-2020-102525 (PMID 33148599)
  4. Coombes BK, Bisset L, Brooks P, et al. Effect of corticosteroid injection, physiotherapy, or both on clinical outcomes in patients with unilateral lateral epicondylalgia: a randomized controlled trial. JAMA. 2013. doi:10.1001/jama.2013.129 (PMID 23385272)
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