5 analyses de foulée à gagnerJe participe →
Mugitu
Prendre rendez-vous ↗
Le centreNos soinsTesting du sportifLa Mugi TeamLe Mugi KlubActualitésMon espaceContactPrendre rendez-vous ↗

Pathologie · cheville

Combien de temps pour se remettre d’une entorse de cheville

Une des blessures les plus fréquentes du sport. Jusqu’à une personne sur trois se refait une entorse dans les trois ans.

Ce sujet a sa page complète sur le site : Entorse de cheville à Biarritz

Lucas Bengoechea

Ostéopathe du sport

14 août 2026
5 min de lecture

jusqu’à 1 sur 31

récidive dans les trois ans

2 à 8

semaines avant reprise selon la gravité

Une cheville qui perd ses repères

L’entorse correspond à l’étirement ou à la rupture des ligaments latéraux de la cheville, le plus souvent lors d’une torsion du pied vers l’intérieur. La douleur et le gonflement des premiers jours ne disent pas grand-chose de la gravité réelle.

Ce qui reste ensuite compte davantage. Après une entorse, l’équilibre sur un pied est souvent moins bon. Le travail de proprioception, qui entraîne cet équilibre, réduit le risque de nouvelle entorse2.

Une entorse bien prise en charge se rééduque en quatre à huit semaines. Les suites sont moins simples qu’on le croit : un an après, 5 à 33 % des personnes ont encore mal, et une partie gardent une impression d’instabilité1.

Ce qu’on évalue au premier rendez-vous :

  • La capacité à poser le pied et à faire quatre pas juste après le traumatisme.
  • La douleur à la palpation des malléoles et du bord externe du pied.
  • Le gonflement et l’hématome, qui n’indiquent pas la gravité à eux seuls.
  • La stabilité des ligaments, testée une fois la douleur calmée.

Quand faire une radio

Les critères d’Ottawa permettent de décider sans imagerie inutile : ils écartent presque toutes les fractures3.

Les critères d’Ottawa. Radiographie si douleur osseuse sur les malléoles ou certains os du pied, ou impossibilité de faire quatre pas.

L’examen ligamentaire. Tests de tiroir et de varus, plus fiables vers le cinquième jour, quand la douleur a diminué4.

La recherche de pièges. Fracture du 5e métatarsien, lésion des ligaments tibio-fibulaires, atteinte du tendon fibulaire.

Le bilan fonctionnel. Équilibre sur un pied, montée sur pointe, sauts. C’est lui qui pilote la reprise.

Bouger tôt, rééduquer longtemps

Le repos strict n’est plus recommandé. La mise en charge précoce raccourcit le retour au sport5, et la proprioception réduit le risque de récidive2.

Phase 1 (trois à sept jours) : protéger et remettre en charge. Protection relative, glace si elle soulage, compression, surélévation. On remarche dès que possible, avec une attelle ou un strap si nécessaire. La mobilisation précoce fait partie des mesures les mieux étayées6.

Phase 2 (une à quatre semaines) : mobilité et force. Récupération de la flexion de cheville, renforcement des fibulaires et du triceps, travail de l’équilibre sur une jambe, d’abord au sol puis sur surface instable. Un programme d’exercices encadré fait mieux que les soins passifs7.

Phase 3 (quatre à huit semaines) : retour au terrain. Sauts, changements de direction, gestes du sport pratiqué. La reprise se décide sur des critères de force et d’équilibre, quel que soit le délai écoulé.

Les entorses répétées justifient un bilan complet : voir le testing de force et la podologie du sport pour la statique du pied.

Sur quoi repose cette prise en charge

Bachmann et al., 2003, BMJ. Dans une revue de 27 études portant sur 15 581 personnes, les critères d’Ottawa avaient une sensibilité proche de 100 % pour les fractures de la cheville et du médio-pied. Leur usage réduit de 30 à 40 % le nombre de radiographies inutiles3.

Schiftan et al., 2015, méta-analyse. Sur sept essais randomisés (3 726 personnes pratiquant un sport), l’entraînement proprioceptif réduisait d’environ un tiers le risque de nouvelle entorse chez les personnes déjà blessées à la cheville (risque relatif 0,64)2.

Kerkhoffs et al., 2002, revue Cochrane. Sur 21 essais et 2 184 personnes, le traitement fonctionnel faisait mieux que l’immobilisation : retour au sport plus fréquent et plus rapide, moins de gonflement persistant. Les auteurs restent prudents, car beaucoup d’essais étaient de qualité moyenne5.

Quand consulter sans attendre

Ces situations demandent un avis rapide et souvent une imagerie :

  • L’impossibilité de poser le pied et de faire quatre pas.
  • Une douleur osseuse marquée sur une malléole ou sur le bord externe du pied.
  • Une déformation visible de la cheville.
  • Un gonflement énorme et immédiat, avec un hématome étendu.
  • Une cheville qui reste instable et lâche plusieurs semaines après.

Une cheville qui se tord trop souvent ?

Bilan complet et programme de proprioception au cabinet Mugitu, 3 avenue Kléber à Biarritz.

Un cas concret

Pelotari, 22 ans, quatrième entorse de la même cheville. Aucune des trois précédentes n’avait été rééduquée. Douze semaines de proprioception et de renforcement, puis tests d’appui : aucune récidive sur la saison suivante.

L'exercice

Équilibre unipodal, yeux fermés

Trois fois trente secondes par pied, tous les jours, sur sol stable puis instable. Le but est de retrouver des repères ; la durée tenue compte peu.

Questions fréquentes

Combien de temps avant de reprendre le sport ?

Deux à quatre semaines pour une entorse bénigne, six à huit pour une forme sévère. La décision se prend sur des tests d’équilibre et de force.

Faut-il immobiliser la cheville ?

Rarement de façon stricte. Une protection courte peut aider les premiers jours, mais la mise en charge précoce donne de meilleurs résultats5,7.

Le strapping sert-il à quelque chose ?

Oui, en reprise et dans les sports à pivot. Une attelle diminue le risque de récidive, et c’est pour elle que la preuve est la plus solide ; le strap est une alternative6,7. Ni l’une ni l’autre ne remplace la rééducation.

Pourquoi ma cheville se tord-elle encore ?

C’est le signe d’une instabilité chronique, liée à un déficit de proprioception et de force. Elle se rééduque, même des années après : l’exercice fait partie des traitements recommandés de l’instabilité chronique6.

Sources

  1. van Rijn RM, van Os AG, Bernsen RM, et al. What is the clinical course of acute ankle sprains? A systematic literature review. Am J Med. 2008. doi:10.1016/j.amjmed.2007.11.018 (PMID 18374692)
  2. Schiftan GS, Ross LA, Hahne AJ The effectiveness of proprioceptive training in preventing ankle sprains in sporting populations: a systematic review and meta-analysis. J Sci Med Sport. 2015. doi:10.1016/j.jsams.2014.04.005 (PMID 24831756)
  3. Bachmann LM, Kolb E, Koller MT, et al. Accuracy of Ottawa ankle rules to exclude fractures of the ankle and mid-foot: systematic review. BMJ. 2003. doi:10.1136/bmj.326.7386.417 (PMID 12595378)
  4. van Dijk CN, Lim LS, Bossuyt PM, et al. Physical examination is sufficient for the diagnosis of sprained ankles. J Bone Joint Surg Br. 1996. doi:10.1302/0301-620x78b6.1283 (PMID 8951015)
  5. Kerkhoffs GM, Rowe BH, Assendelft WJ, et al. Immobilisation and functional treatment for acute lateral ankle ligament injuries in adults. Cochrane Database Syst Rev. 2002. doi:10.1002/14651858.CD003762 (PMID 12137710)
  6. Doherty C, Bleakley C, Delahunt E, et al. Treatment and prevention of acute and recurrent ankle sprain: an overview of systematic reviews with meta-analysis. Br J Sports Med. 2017. doi:10.1136/bjsports-2016-096178 (PMID 28053200)
  7. Vuurberg G, Hoorntje A, Wink LM, et al. Diagnosis, treatment and prevention of ankle sprains: update of an evidence-based clinical guideline. Br J Sports Med. 2018. doi:10.1136/bjsports-2017-098106 (PMID 29514819)
chevilletraumatologie

Une question sur votre situation ?

Un article ne remplace pas un examen. L'équipe vous reçoit 3 avenue Kléber à Biarritz.

Prendre rendez-vous ↗

À lire aussi

Bilan

Bilan de retour au sport

Sport

Blessures de la danse

Sport

Blessures du surf

La lettre Mugitu

Désinscription en un clic dans chaque message. Votre adresse ne sert qu’à cet envoi et n’est transmise à personne.