Comprendre
Un os qui n’a pas eu le temps de s’adapter
L’os se remodèle en permanence en réponse à la charge. Quand les impacts s’accumulent plus vite que la reconstruction, une fissure microscopique apparaît, puis s’étend. C’est la fracture de fatigue, ou fracture de stress.
Elle touche surtout le tibia, les métatarsiens, le calcanéum, plus rarement le col fémoral, le sacrum ou la branche pubienne. Ces trois dernières localisations sont dites à risque : elles imposent une prise en charge stricte et rapide.
Au-delà de la charge, l’énergie disponible compte énormément. Une alimentation insuffisante par rapport à la dépense, des règles absentes ou irrégulières, une densité osseuse basse : ce sont des facteurs majeurs, souvent négligés.
Ce qui doit alerter
Une douleur très localisée, qu’on peut montrer du bout du doigt.
Elle apparaît de plus en plus tôt dans l’effort, séance après séance.
Elle finit par gêner la marche, puis persiste au repos.
Une douleur nocturne, ou une douleur au simple sautillement sur place.
Au cabinet
Confirmer vite, sans perdre de temps
La radiographie est souvent normale les premières semaines. Devant une suspicion, l’IRM est l’examen de référence.
L’histoire de la charge
Progression du volume, changement de surface ou de chaussures, reprise après arrêt, cumul de compétitions.
L’examen ciblé
Palpation osseuse, tests d’appui monopodal et de saut, recherche d’une douleur reproductible au même point.
L’imagerie
IRM en première intention devant une suspicion : elle détecte l'œdème osseux avant tout trait visible en radio.
Le bilan des causes
Alimentation, cycle menstruel, densité osseuse, vitamine D, antécédents de fractures : indispensable en cas de récidive.
Le traitement
Décharger, puis recharger
Le principe est simple : retirer la contrainte le temps de la consolidation, maintenir la condition physique, puis remonter la charge par paliers.
Phase 1 · 2 à 8 semaines
Mise en décharge
Arrêt des impacts, avec parfois des béquilles ou une botte selon la localisation. Les sites à risque, comme le col fémoral ou le sacrum, imposent une prudence particulière et un avis spécialisé.
Phase 2 · en parallèle
Maintenir la condition
Vélo, natation, renforcement sans impact, travail du haut du corps. On corrige en même temps les causes : apports alimentaires, sommeil, planification de la charge.
Phase 3 · après validation
Retour aux impacts
Reprise en marche-course, puis course continue, avec des paliers courts et une règle simple : aucune douleur pendant, ni le lendemain.
Le versant nutritionnel est central chez les sportifs d’endurance : un bilan avec la diététicienne du cabinet fait partie de la prise en charge, tout comme le suivi de la charge en préparation physique.
Ce que dit la science
Sur quoi repose cette prise en charge
Un déficit énergétique relatif au sport augmente le risque de fracture de stress, chez les femmes comme chez les hommes.
Déclarations de consensus du CIO.
L’IRM détecte les fractures de stress bien plus tôt que la radiographie, souvent normale au stade précoce.
Études comparatives d’imagerie.
Les fractures de sites à risque exposent à des complications et justifient une prise en charge distincte des sites à faible risque.
Classifications par localisation.
Quand consulter sans attendre
Une suspicion de fracture de fatigue est en soi un motif de consultation rapide.
Une douleur osseuse ponctuelle, qui persiste à la marche ou au repos.
Une douleur d’aine ou de hanche à l’appui chez un coureur : le col fémoral impose un avis urgent.
Une douleur lombo-fessière profonde à l’appui monopodal.
Une douleur nocturne qui empêche de dormir.
Des antécédents de fractures de fatigue répétées ou une aménorrhée.
Questions fréquentes
Ce qu’on nous demande en consultation
Combien de temps d’arrêt des impacts ?
Six à huit semaines en moyenne pour un site à faible risque, davantage pour le col fémoral ou le sacrum. La reprise se valide cliniquement.
Une radio suffit-elle ?
Souvent non : elle est normale les premières semaines. L’IRM est l’examen de référence en cas de suspicion.
Puis-je continuer le vélo ou la natation ?
Oui dans la plupart des cas, tant qu’il n’y a pas de douleur. C’est même recommandé pour garder la condition.
Pourquoi j’en fais plusieurs ?
Cela oriente vers un déficit énergétique, un problème hormonal ou une densité osseuse basse. Un bilan complet s’impose.
Relu par Jean-Baptiste Colombié, kinésithérapeute du sport, pour la reprise progressive des impacts.
Dernière mise à jour : 28 août 2026 · prochaine revue : février 2027.
Cette page a une visée d’information. Elle ne remplace pas une consultation.
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