Comprendre
Un carrefour de contraintes
Le pubis est le point de rencontre des adducteurs, des abdominaux et des muscles profonds du bassin. Dans les sports de changement de direction, de frappe et de contact, cette zone encaisse des forces contraires à chaque appui. Quand la charge dépasse la capacité, la douleur s’installe.
On parle aujourd’hui de douleur inguinale liée au sport. Le consensus de Doha en distingue quatre formes : adducteurs, psoas, canal inguinal et pubis. L’atteinte des adducteurs est la plus fréquente. Au cabinet, on en trouve souvent deux à la fois chez la même personne.
C’est une blessure de patience. Pour une forme installée, comptez huit à douze semaines de rééducation active, la durée du programme évalué par Hölmich, et une reprise du terrain par paliers.
Les signes qui parlent
Une douleur d’aine, souvent d’un seul côté, difficile à localiser précisément.
Elle réapparaît à l’accélération, au changement d’appui, à la frappe.
Une raideur douloureuse le lendemain des matchs et au lever.
Une faiblesse à la contraction des adducteurs, jambes serrées.
Au cabinet
Trouver quelle structure parle
L’examen clinique oriente vers une des grandes formes. L’imagerie sert à écarter les diagnostics à ne pas manquer, pas à confirmer la pubalgie.
L’histoire du sportif
Poste, volume, reprise de saison, matchs enchaînés, antécédents de lésion des adducteurs.
La palpation ciblée
Insertion des adducteurs, pubis, canal inguinal, psoas : chaque zone donne une orientation différente.
Les tests de force
Adduction résistée, squeeze test, comparaison des deux côtés au dynamomètre.
Les diagnostics à écarter
Fracture de fatigue de la branche pubienne, pathologie de hanche, hernie, cause urologique ou gynécologique.
Le traitement
Renforcer les adducteurs, par étapes
Le renforcement progressif des adducteurs est le traitement de référence. Au cabinet, on voit souvent le repos seul soulager, puis la douleur revenir dès la reprise.
Phase 1 · 2 à 4 semaines
Baisser l’irritabilité
On retire temporairement les gestes déclencheurs — sprints, frappes, changements de direction — sans arrêter toute activité. Isométries d’adduction et travail du tronc en douceur.
Phase 2 · 4 à 10 semaines
Charger progressivement
Renforcement excentrique et concentrique des adducteurs, type protocole Copenhague, associé au travail des abdominaux profonds et des fessiers. Trois séances par semaine.
Phase 3 · dès 8 semaines
Retour au terrain
Réintroduction des courses, appuis, frappes puis contacts, dans cet ordre. Les critères de reprise sont un squeeze test indolore et une force d’adduction symétrique.
Chez le rugbyman, la pubalgie s’inscrit souvent dans une saison trop dense : voir le suivi des rugbymen et le testing de force pour objectiver la reprise.
Ce que dit la science
Sur quoi repose cette prise en charge
Un consensus international a établi la terminologie actuelle des douleurs inguinales du sportif, par entité clinique plutôt que par le mot pubalgie.
Vingt-quatre experts de quatorze pays, réunis à Doha.
Chez 68 personnes gênées depuis longtemps, huit à douze semaines d’entraînement actif ont permis un retour au sport sans douleur bien plus souvent qu’une kinésithérapie sans exercices actifs.
Essai randomisé sur la douleur d’adducteurs.
Un programme fondé sur l’exercice de Copenhague a réduit de 41 % le risque de problèmes d’aine pendant la saison.
Essai randomisé, 35 équipes norvégiennes de football semi-professionnel.
Quand consulter sans attendre
Ces signes évoquent autre chose qu’une pubalgie.
Une douleur brutale avec impossibilité d’appui après un geste violent.
Une masse ou un renflement dans l’aine, surtout à la toux.
De la fièvre, des brûlures urinaires, du sang dans les urines.
Une douleur qui empire au repos et la nuit.
Un blocage de hanche ou une boiterie qui s’installe.
Questions fréquentes
Ce qu’on nous demande en consultation
Faut-il opérer une pubalgie ?
Rarement, et jamais en première intention. La chirurgie ne se discute qu’après plusieurs mois de rééducation active bien conduite et sans résultat.
Les étirements aident-ils ?
Peu. Le renforcement progressif est bien mieux documenté.
Combien de temps d’arrêt ?
On évite l’arrêt complet. La rééducation dure en général huit à douze semaines pour une forme installée, et la reprise du terrain se fait par paliers, parfois plus longtemps quand la douleur est ancienne.
Pourquoi ça revient chaque saison ?
Le plus souvent parce que la reprise a été décidée sur la disparition de la douleur, sans avoir retrouvé la force d’adduction du côté sain.
Relu par le Dr Basile Carcassonne, médecin du sport, pour la partie diagnostic différentiel et imagerie.
Dernière mise à jour : 28 août 2026 · prochaine revue : février 2027.
Cette page a une visée d’information. Elle ne remplace pas une consultation.
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Bilan clinique et programme de renforcement au cabinet Mugitu, 3 avenue Kléber à Biarritz.
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