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Pathologie · pubis

Pubalgie : comprendre une douleur qui traîne

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Sur cette page Comprendre Le diagnostic Le traitement Ce que dit la science Quand consulter vite FAQ

Comprendre

Un carrefour de contraintes

Le pubis est le point de rencontre des adducteurs, des abdominaux et des muscles profonds du bassin. Dans les sports de changement de direction, de frappe et de contact, cette zone encaisse des forces contraires à chaque appui. Quand la charge dépasse la capacité, la douleur s’installe.

On parle aujourd’hui de douleur inguinale liée au sport, en distinguant l’atteinte des adducteurs — la plus fréquente — de celle du pubis, du psoas ou de la paroi abdominale. Ces formes se mélangent souvent chez un même sportif.

C’est une blessure de patience. Comptez huit à seize semaines de rééducation active pour une forme installée, avec une reprise progressive et non un arrêt suivi d’un retour brutal.

Les signes qui parlent

Une douleur d’aine, souvent d’un seul côté, difficile à localiser précisément.

Elle réapparaît à l’accélération, au changement d’appui, à la frappe.

Une raideur douloureuse le lendemain des matchs et au lever.

Une faiblesse à la contraction des adducteurs, jambes serrées.

Au cabinet

Trouver quelle structure parle

L’examen clinique oriente vers une des grandes formes. L’imagerie sert à écarter les diagnostics à ne pas manquer, pas à confirmer la pubalgie.

1

L’histoire du sportif

Poste, volume, reprise de saison, matchs enchaînés, antécédents de lésion des adducteurs.

2

La palpation ciblée

Insertion des adducteurs, pubis, canal inguinal, psoas : chaque zone donne une orientation différente.

3

Les tests de force

Adduction résistée, squeeze test, comparaison des deux côtés au dynamomètre.

4

Les diagnostics à écarter

Fracture de fatigue de la branche pubienne, pathologie de hanche, hernie, cause urologique ou gynécologique.

Le traitement

Renforcer les adducteurs, pas les étirer

Le renforcement progressif des adducteurs est le traitement de référence. Le repos seul soulage puis la douleur revient dès la reprise.

Phase 1 · 2 à 4 semaines

Baisser l’irritabilité

On retire temporairement les gestes déclencheurs — sprints, frappes, changements de direction — sans arrêter toute activité. Isométries d’adduction et travail du tronc en douceur.

Isométrie adducteursGainageAjustement de charge

Phase 2 · 4 à 10 semaines

Charger progressivement

Renforcement excentrique et concentrique des adducteurs, type protocole Copenhague, associé au travail des abdominaux profonds et des fessiers. Trois séances par semaine.

Copenhagen adductionFessiersTronc

Phase 3 · dès 8 semaines

Retour au terrain

Réintroduction des courses, appuis, frappes puis contacts, dans cet ordre. Les critères de reprise sont un squeeze test indolore et une force d’adduction symétrique.

CourseAppuisRetour au jeu

Chez le rugbyman, la pubalgie s’inscrit souvent dans une saison trop dense : voir le suivi des rugbymen et le testing de force pour objectiver la reprise.

Ce que dit la science

Sur quoi repose cette prise en charge

Doha agreement · 2015

Un consensus international a établi la terminologie actuelle des douleurs inguinales du sportif, par entité clinique plutôt que par le mot pubalgie.

Accord d’experts, Doha.

Hölmich et al. · Lancet

Un programme actif de renforcement des adducteurs donne de bien meilleurs résultats que le traitement passif.

Essai randomisé sur la douleur d’adducteurs.

Br J Sports Med

Le protocole Copenhagen adduction réduit l’incidence des blessures d’aine dans les sports collectifs.

Essais de prévention en football.

Quand consulter sans attendre

Ces signes évoquent autre chose qu’une pubalgie.

Une douleur brutale avec impossibilité d’appui après un geste violent.

Une masse ou un renflement dans l’aine, surtout à la toux.

De la fièvre, des brûlures urinaires, du sang dans les urines.

Une douleur qui empire au repos et la nuit.

Un blocage de hanche ou une boiterie qui s’installe.

Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande en consultation

Faut-il opérer une pubalgie ?

Rarement, et jamais en première intention. La chirurgie ne se discute qu’après plusieurs mois de rééducation active bien conduite et sans résultat.

Les étirements aident-ils ?

Peu, et ils irritent parfois la zone. Le renforcement progressif est bien mieux documenté.

Combien de temps d’arrêt ?

On évite l’arrêt complet. La reprise du sport se fait par paliers, en général entre huit et seize semaines selon l’ancienneté.

Pourquoi ça revient chaque saison ?

Le plus souvent parce que la reprise a été décidée sur la disparition de la douleur, sans avoir retrouvé la force d’adduction du côté sain.

Jean-Baptiste Colombié, Kinésithérapeute du sport

Écrit et validé par

Jean-Baptiste Colombié

Kinésithérapeute du sport

Voir sa fiche →

Relu par le Dr Basile Carcassonne, médecin du sport, pour la partie diagnostic différentiel et imagerie.

Dernière mise à jour : 28 août 2026 · prochaine revue : février 2027.

Cette page a une visée d’information. Elle ne remplace pas une consultation.

À lire ensuite

Suivi des rugbymen

Traumatologie de contact et charge de saison.

Testing de force

Objectiver la symétrie avant le retour au jeu.

Préparation physique

Reconstruire une base de force sur l’intersaison.

Médecine du sport

Consultation et imagerie quand c’est utile.

Une douleur d’aine qui dure ?

Bilan clinique et programme de renforcement au cabinet Mugitu, 3 avenue Kléber à Biarritz.

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